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  • : Collectif de Défense des Victimes de l'Amiante Renault Ile-de-France
  • Collectif de Défense des Victimes de l'Amiante Renault Ile-de-France
  • : Le Collectif de Défense des Victimes de l'Amiante Renault Ile-de-France est animé par des salariés et par des retraités Renault. Les objectifs de ce collectif sont de mettre en relation les salairés et les retraités Renault ayant été exposés à l'amiante ou atteints de maladies dues à l'amiante, ainsi que leur famille, et de leur fournir de l'aide, du soutien et des informations pour faire valoir leurs droits.
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Dimanche 13 novembre 2011 7 13 /11 /Nov /2011 15:00

    Le 7 novembre 2011, la cour d'Appel de Limoges vient de reconnaître que la société Renault avait commis une faute inexcusable envers Raymond Dumas, ancien ouvrier aux usines Renault de Billancourt décédé en 2006 d'une asbestose, une maladie liée à l'inhalation de fibres d'amiante.

La Cour d'Appel a également ordonné que la rente touchée par sa veuve soit majorée de 20 %. Sa famille touchera au total 174 000 euros d'indemnités réparatrice des préjudices subis (une somme avancée par la Sécurité Sociale).

 

Des années de souffrance


Selon l'arrêt de la Cour d'Appel, la maladie de Raymond est apparue en 2002, avec comme symptômes un « essoufflement de plus en plus prononcé, des quintes de toux », « une détresse respiratoire » entraînant plusieurs hospitalisations l'année de son décès et une « oxygénothérapie » (masque à oxygène).

Raymond a rapidement subi une perte d'autonomie. « De la gêne respiratoire à l'étouffement malgré l'appareil à oxygène, de l'affaiblissement à un délabrement physique total, Monsieur Raymond Dumas a vécu au cours des cinq dernières années de sa vie une déchéance progressive et inéluctable, dans l'angoisse et la douleur tant physique que morale, et avec la conscience de l'inquiétude et de la peine des siens. » Raymond est décédé en octobre 2006.

  Mais cette souffrance et cette détresse n'ont pas empêché la famille de devoir se battre des années pour obtenir justice.

 

Une longue bataille de procédure


En janvier 2008, sa famille a fait une demande de reconnaissance en Maladie Professionnelle (MP).

La Sécurité Sociale a d'abord refusé de reconnaitre le caractère professionnnel de cette maladie. Selon sa notification de refus de septembre 2008, Raymond a bien été exposé à l'amiante, mais rien ne prouvait selon la Caisse que sa maladie soit bien liée à cette exposition. La CPAM renvoie alors la famille vers une expertise technique.

L'expertise technique reconnaît que la maladie qui a entraîné la mort de Raymond est bien une asbestose.

L'asbestose est une maladie chronique de l'appareil respiratoire due à l'inhalation prolongée et importante de fibres d'amiante. Les fibres se déposent dans les poumons, ce qui entraîne une inflammation des alvéoles qui se fibrosent (durcissent) progressivement.

Raymond est reconnu en maladie professionnelle en janvier 2009 par la CPAM.

 

La famille a ensuite saisi le Tribunal des Affaires de la Sécurité Sociale (TASS) de la Creuse d'une demande de reconnaissance de la faute inexcusable de l'employeur.

En novembre 2010, le TASS a débouté cette demande, jugeant que la CPAM avait commis une faute de procédure en renvoyant la famille vers une expertise technique et que cela remettait en cause la reconnaissance en MP.

La famille a donc fait appel. Et la Cour d'Appel vient enfin de lui donner raison.

 

36 ans d'exposition à l'amiante

 

La Cour d'Appel de Limoges, toujours dans son jugement, rapporte que Raymond a été exposé à l'amiante à Billancourt pendant 36 ans.

Il a travaillé à la maintenance des presses, puis à l'atelier 57 où son travail consistait notamment à la préparation des moules, au polissage de pièces contenant de l'amiante, au découpage de plaques d'amiante, à l'utilisation de filasse en tresse d'amiante pour l'étanchéité des moules et des circuits de refroidissement.

La cour d'appel cite des témoignages d'anciens collègues de Raymond : l'atelier 57-57 « se trouvait à proximité immédiate de la fonderie où ils devaient se rendre quotidiennement. « En raison des températures auxquels ils pouvaient être exposés, tous les équipements comportaient des composantes en amiante, et pour la même raison les protections individuelles des salariés contenaient de l'amiante ( gants, tabliers). »

« L'amiante était présente partout dans leur environnement, jusque dans la sous-toiture de l'atelier et les panneaux isolants, et il n'existait pas de protection individuelle ou collective contre l'inhalation des poussières provenant des matériaux, de leur manipulation et des travaux d'usinage, de découpage, de meulage et de nettoyage. »

« A l'époque il n'existait parmi les ouvriers aucune conscience d'un danger lié à de telles conditions de travail. »

 

La société Renault enfin condamnée

 

Toujours selon la Cour d'Appel : « La société Renault, qui ne pouvait ignorer les risques pour la santé résultant de l'inhalation de poussières d'amiante en l'état des connaissances scientifiques et médicales de l'époque nécessairement connues de cette grande entreprise, avait donc conscience du danger auquel était exposé Monsieur Raymond Dumas, et elle ne prouve pas avoir pris les mesures nécessaires pour l'en préserver ».

« Il suit de là que la société Renault, qui a manqué à l'obligation de sécurité de résultat qu'elle avait envers son salarié relativement à la nocivité des produits utilisés dans l'entreprise, a commis une faute inexcusable à l'origine de la maladie et du décès de monsieur Raymond Dumas ».

     

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L'amiante chez Renault : un scandale qui ne doit rien à la fatalité

 

Des milliers de salariés exposés

Des milliers de salariés ont été exposés à l'amiante sur les sites Renault de la région parisienne : Boulogne-Billancourt, Ile Seguin, Flins, Saint-Ouen, Rueil, Lardy, Choisy-Le-Roi, dans les garages du réseau Renault, etc.
Certains métiers ont été plus exposés que d'autres : tuyauteurs, ouvriers de maintenance et d'entretien, ouvriers des presses, des fonderies, des centrales thermiques, mécaniciens automobiles, monteurs sur chaîne (embrayages, freins), etc. L'exposition à l'amiante était dans ce cas la conséquence d'une manipulation directe de l'amiante : manutention, usinage, etc.
Mais beaucoup de salariés ont été aussi exposés à l'amiante de manière indirecte et passive. Car les bâtiments Renault étaient truffés d'amiante : dalles au sol, faux-plafond, flocage, etc.

La direction reconnaît elle même que l'amiante était présente sur ses sites. Comme de nombreux employeurs, Renault a utilisé l'amiante malgré la nocivité connue et avérée de ce matériau.
Et il reste encore aujourd'hui de l'amiante sur de nombreux sites, et notamment dans les bâtiments : à Rueil, Lardy, Flins ou dans des succursales.

L'apparition de maladies dues à l'amiante

Plusieurs milliers de salariés actifs et retraités, qui ont été exposés à l'amiante, bénéficient d'un suivi médical renforcé. 
Mais combien d'autres ne sont inscrits pas dans ce suivi, par ignorance ou par négligence ?
Il faut dire que la direction de Renault fait tout ce qu'elle peut pour étouffer ce problème et nier sa responsabilité.
Actuellement, plusieurs dizaines de salariés ont été reconnus en maladie professionnelle pour des plaques pleurales, des fibroses pulmonaires ou encore des cancers broncho-pulmonaires. 
Cette reconnaissance n'a rien d'automatique. Elle est le résultat d'une démarche volontaire du salarié, qui doit la plupart du temps se battre, apporter des preuves, des témoignages de collègues, etc.
Plusieurs plaintes pour faute inexcusable de l'employeur ont abouti à des condamnations de Renault, d'autres sont en cours.

Nous avons malheureusement connus plusieurs décès dûs à l'amiante, touchant des retraités mais aussi des collègues actifs.
Ces morts auraient pu être évités si Renault avait pris toutes les précautions nécessaires. Les dangers de l'amiante étaient largement connus, bien avant son interdiction en 1996.
Mais pour le patronat de l'industrie, la vie humaine, surtout celle des ouvriers, pèse peu par rapport aux profits.

Un collectif au service des salariés

Le collectif de défense des victimes de l'amiante chez Renault (région parisienne) a été créé en 2007.
Il regroupe des salariés et des retraités de Renault.
Le collectif amiante a pour objectif d'aider et d'informer les salariés qui ont été exposés à l'amiante chez Renault ou qui se posent tout simplement des questions sur l'amiante.

Nous nous battons :
- pour que tous les salariés susceptibles d'avoir été exposés à l'amiante en soient informés et puissent bénéficier d'un suivi médical,
- pour que ce suivi médical soit complet : passage de scanners, fréquence suffisante des examens...,
- pour que l'amiante soit totalement supprimée des sites Renault de la région parisienne,
- pour que les retraités bénéficient d'un suivi médical post-professionnel,
- pour que les salariés atteints soient reconnus en maladie professionnelle,
- pour obtenir réparation et reconnaissance de la part de Renault en cas de maladie.

Le collectif travaille en collaboration avec l'Andeva, l'ADDEVA 93 et plusieurs organisations syndicales Renault (CGT, SUD...), mais cette liste ne se veut pas exhaustive.
Le collectif est ouvert à tous les salariés et retraités Renault qui veulent apporter leur soutien ou leur aide. Il suffit pour cela de nous contacter (coordonnées disponibles sur ce blog).
Si vous voulez être informés directement par courrier électronique des actions du collectif et suivre l'actualité de l'amiante à Renault, vous pouvez vous inscrire à la Newsletter de ce blog. Dans ce cas, il vous suffit de taper votre adresse email dans le cadre prévu à cet effet, en haut à gauche de cette page, et de valider.

 

Le Collectif de fense des Victimes de l'Amiante Renault Ile-de-France (CoDéVAR)

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